Gambie : démission choc du chef d’armée sur fond de corruption

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Une démission qui secoue l’armée gambienne

En Gambie, la démission du chef d’état-major des armées a créé un véritable choc politique et institutionnel. Le lieutenant-général Mamat O. A. Cham a quitté ses fonctions avec effet immédiat après l’acceptation de sa démission par le président Adama Barrow. Cette affaire attire d’autant plus l’attention qu’elle s’inscrit dans un contexte déjà marqué par de fortes critiques sur la corruption et la mauvaise gouvernance.

Des accusations graves au cœur du dossier

Selon le communiqué présidentiel, Mamat Cham a évoqué lui-même, dans sa lettre de démission, des allégations répétées de faute professionnelle et d’abus de pouvoir. L’ancien chef militaire a toutefois fermement rejeté les accusations portées contre lui. L’affaire a pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux, où plusieurs éléments ont circulé, nourrissant un débat public déjà très sensible autour de la transparence dans les institutions de l’État.

  • Usage présumé de son influence pour favoriser son fils dans une école militaire au Maroc
  • Récupération supposée de bateaux saisis pour lancer une activité privée
  • Acquisition contestée d’un terrain dans la province de Farafenni
  • Détournement allégué de circuits d’approvisionnement militaires

Le rôle clé de Modou Saine dans la révélation

À l’origine de ces révélations se trouve Modou Saine, ancien assistant personnel du lieutenant-général Cham, récemment révoqué de l’armée. C’est sur la plateforme gambienne What’s On Gambia qu’il a publié une série de documents visant directement le haut gradé. Ces éléments ont donné une visibilité immédiate à l’affaire, transformant un dossier interne en sujet de débat national.

Le cas illustre aussi la puissance des médias numériques dans la circulation de l’information en Gambie, où des accusations relayées en ligne peuvent rapidement prendre une dimension politique. Les réseaux sociaux servent ici de caisse de résonance à des tensions déjà anciennes entre l’opinion publique et les élites au pouvoir.

La défense de Mamat Cham et sa version des faits

Face à la vague d’accusations, Mamat Cham a répondu lors d’un long entretien téléphonique accordé au blogueur gambien Babucarr Bahoum. Il a nié l’ensemble des faits qui lui sont reprochés, affirmant qu’il n’a jamais utilisé sa position pour servir des intérêts personnels. Selon lui, sa décision de partir visait d’abord à protéger sa famille et à préserver l’intégrité de l’armée gambienne.

  • Négation totale des accusations de corruption
  • Volonté affichée de préserver l’image de l’institution militaire
  • Argument personnel centré sur la protection de sa famille

Un pays déjà traversé par la colère ضد la corruption

Cette affaire s’inscrit dans un climat social tendu. En juillet 2025, des milliers de personnes avaient déjà manifesté à Banjul pour dénoncer la corruption et la mauvaise gouvernance depuis l’arrivée au pouvoir d’Adama Barrow. L’une des étincelles de cette mobilisation avait été le scandale lié à la vente des biens confisqués à Yahya Jammeh, ancien dictateur gambien.

Ces protestations traduisent une défiance persistante envers les mécanismes de gestion publique. Dans un pays où les attentes en matière de réforme restent fortes, chaque nouvelle affaire touchant les responsables de l’État ravive les interrogations sur la sincérité des engagements anticorruption.

Une défiance nourrie par plusieurs facteurs

  • Absence perçue de transparence dans certaines décisions publiques
  • Soupçons récurrents visant des figures proches du pouvoir
  • Mobilisation citoyenne de plus en plus visible dans la rue et en ligne

Ce que révèle cette crise sur la Gambie d’aujourd’hui

Au-delà du seul départ de Mamat Cham, l’épisode met en lumière un enjeu plus large : celui de la crédibilité des institutions dans un petit État continental d’Afrique qui cherche encore à consolider l’État de droit. La Gambie est classée 99e sur 182 pays en 2025 selon l’indice de perception de la corruption de Transparency International, un indicateur qui confirme l’ampleur des défis à relever.

Dans ce contexte, la démission du chef d’état-major apparaît comme bien plus qu’un simple changement de poste. Elle devient le symbole d’une tension durable entre exigence de transparence, pression populaire et nécessité de préserver la stabilité d’institutions fragilisées par les soupçons.


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