Un projet local aux ambitions claires
EDF prévoit de créer, à proximité du site de Fessenheim, une usine dédiée au recyclage de métaux faiblement radioactifs, en réutilisant des bâtiments annexes de l’ancienne centrale ; l’ouverture est envisagée pour 2031. Ce projet s’inscrit dans le contexte du démantèlement et de la gestion des matériaux issus des centrales, et vise à réduire la quantité de déchets stockés tout en valorisant des métaux réutilisables. Points clés :
- Opérateur : EDF (porteur du projet).
- Localisation : proches des installations annexes de Fessenheim.
- Horizon : ouverture envisagée en 2031.
Processus technique : comment ça marche ?
Une usine de recyclage pour métaux faiblement radioactifs combine plusieurs étapes : caractérisation radiologique, nettoyage/décontamination, découpe et tri, puis fusion ou traitement mécanique pour éliminer ou diluer la radioactivité avant éventuelle mise sur le marché ou stockage contrôlé. Exemples précis d’objets traités : tuyauteries, échangeurs, cuves non fissurées, structures en acier, petites pièces d’instrumentation. Étapes typiques :
- Contrôle initial et cartographie radiologique.
- Procédés de décontamination chimique ou mécanique.
- Fusion sous filtration et test des produits obtenus.
- Décisions de libération ou de stockage selon seuils réglementaires.
Cadre réglementaire et garanties de sûreté
Le projet sera soumis à l’avis et aux autorisations des autorités françaises compétentes, notamment l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), avec appui technique éventuel de l’IRSN et gestion des déchets sous la responsabilité d’organismes tels qu’ANDRA. Le principe ALARA (As Low As Reasonably Achievable) s’applique pour limiter les expositions. Mesures et contrôles :
- Contrôles radiologiques permanents (dosimétrie, contrôles de surface, surveillances d’air et d’effluents).
- Procédures d’agrément et d’inspection par l’ASN.
- Respect des seuils de libération définis au niveau national et international.
Impacts environnementaux et maîtrise des risques
L’objectif est de minimiser l’empreinte environnementale tout en assurant la sécurité des populations et des travailleurs. Des études d’impact, des contrôles en continu et des plans d’urgence seront nécessaires pour garantir que les effluents, émissions et transferts de matière restent maîtrisés. Exemples d’actions de contrôle :
- Programmes de surveillance des milieu air/eau/sol autour du site.
- Limitation des transports et routes dédiées pour le matériel radioactif.
- Plans de gestion des résidus non recyclables et de stockage sécurisé.
Bénéfices locaux et retombées socio-économiques
La reconversion de bâtiments existants permet de limiter l’impact foncier et d’accélérer la mise en service tout en offrant des retombées pour la région : création d’emplois techniques, formation spécialisée, maintien de savoir-faire industriels autour du démantèlement. Quelques bénéfices attendus :
- Emplois qualifiés dans la radioprotection, le traitement des matériaux et la maintenance.
- Réduction des volumes envoyés en stockage profond, donc économies à long terme.
- Valorisation d’actifs immobiliers et industriels existants.
Calendrier, défis et références internationales
La trajectoire vers 2031 comportera des phases successives : études de faisabilité, autorisations réglementaires, aménagement des bâtiments, construction des équipements et mise en service. Les principaux défis comprennent l’obtention des autorisations, l’acceptabilité locale et la maîtrise technique des procédés à l’échelle industrielle. Des projets comparables existent à l’étranger (par exemple Studsvik en Suède ou certaines installations aux États-Unis exploitées par des entreprises spécialisées) et offrent des retours d’expérience utiles pour :
- Optimiser la chaîne de traitement et la sécurité.
- Adapter les seuils de libération aux pratiques nationales et européennes.
- Engager les parties prenantes locales dès les premières étapes.










