Une rencontre artistique inattendue
Peaches a longtemps été la bande-son personnelle de Dan Levy, et quand il a imaginé Big Mistakes il savait dès le départ qu’il voulait sa musique — bien avant le casting. Levy a expliqué qu’il revenait sans cesse aux morceaux et playlists de Peaches pendant l’écriture, sentant que son univers sonore, son humour et sa force de caractère correspondaient exactement à ce qu’il souhaitait pour la série; c’est ainsi que la musicienne a été sollicitée après le montage du premier épisode.
Composer sans voix : un nouveau défi
Peaches, habituée à une présence vocale marquante, a dû réinventer son rôle en tant que compositrice de série, en transmettant son identité sans chanter. Elle décrit l’expérience comme hors de sa zone de confort mais stimulante, d’autant plus qu’elle venait de sortir son premier album en dix ans, No Lube So Rude. Pour relever le défi, elle a collaboré avec la co-compositrice Nora Kroll Rosenbaum afin de traduire ses impulsions sonores en motifs instrumentaux et électroniques.
Le brief créatif : être un « disruptor » et créer la montée d’adrénaline
Levy a demandé une approche précise et non traditionnelle : la musique devait agir comme un moteur, pousser les personnages vers leurs mauvaises décisions et provoquer des réveils soudains plutôt que des fondus doux. Exemples de consignes clés :
- Pas de fondus : coupes nettes pour surprendre l’auditeur.
- Être un disruptor : musique qui incite à l’action, qui pousse les personnages.
- Éviter les clichés émotionnels : pas de violons larmoyants pour souligner les sentiments.
Un son queer, provocateur et ancré dans l’electroclash
Peaches apporte à la série son esthétique genderbending et sa vision queer, des éléments centraux de son identité artistique. Elle souligne que la « rawness » queer a souvent alimenté des courants mainstream par la suite, et elle a veillé à conserver la puissance et l’authenticité de ce son plutôt que de le lisser en direction d’un format EDM calibré. Exemples concrets de sa présence antérieure en musique pour l’écran :
- Bandes-son et placements : The L Word, Mean Girls, Lost in Translation.
- Apparitions dans des formats variés : South Park, The Handmaid’s Tale, Full Frontal with Samantha Bee.
- Collaborations notables : artistes et acteurs comme M.I.A. et John Malkovich.
Une collaboration fertile : Peaches rencontre Nora Kroll Rosenbaum
La paire Peaches–Rosenbaum a fonctionné comme une « rencontre à l’aveugle » qui s’est révélée très productive : chacune a complété l’autre, permettant d’explorer des textures sonores inédites pour la série. Levy affirme que la partition est l’un des éléments qui distingue Big Mistakes ; la complémentarité a produit un score à la fois sauvage et précis, conçu pour maintenir le spectateur sur une montagne russe émotionnelle — tantôt révélation, tantôt terreur.
La bande-son et son rôle narratif dans Big Mistakes
La tracklist de la série illustre l’esprit voulu : titres courts, percutants et souvent provocateurs qui accompagnent les temps forts de la saison 1, désormais disponible sur Netflix. La musique agit comme catalyseur des actions et des erreurs des personnages, avec des morceaux conçus pour réveiller et déstabiliser. Extraits du score :
- “Criminal”
- “Thrill”
- “Take Your Power”
- “Dig”
- “Threats”
- “Bad Witch”
- “Killer Drawers”
- “Crusty Ass Ho”
- “Don’t You Dare”
- “Your Fault”
- “Deal”
- “Scammed”
- “All Cash”
- “The Gun”
- “Countdown”
- “On Your Knees”
- “Boss”
- “The Closet”
- “Big Mistakes”
- “To Family!”
Cette bande-son illustre comment une artiste provocatrice peut redéfinir le rôle de la musique à l’écran : motrice, dérangeante et absolument essentielle au ton de la série.









