Soudan : des mercenaires colombiens accusent les Émirats arabes unis

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Des accusations qui relancent le dossier soudanais

Le conflit au Soudan prend une nouvelle dimension avec les révélations de Human Rights Watch, qui affirme que des mercenaires colombiens auraient été recrutés aux Émirats arabes unis puis envoyés combattre aux côtés des Forces de soutien rapide (FSR). Cette milice paramilitaire, dirigée par le général Hemeti, est déjà accusée d’exactions massives au Darfour, et ces nouvelles allégations viennent renforcer les soupçons sur les soutiens extérieurs dont elle bénéficierait.

Un circuit de recrutement passé par Abu Dhabi

Selon le rapport de 83 pages publié par l’ONG, les combattants colombiens auraient été recrutés depuis 2024 par une société établie à Abu Dhabi, Global Security Services Group (GSSG). HRW estime que cette entreprise privée serait liée à la famille dirigeante émirienne, ce qui alimente les interrogations sur le rôle réel des Émirats dans cette affaire. L’ONG soutient que ces hommes ont transité par des bases militaires émiriennes avant d’être déployés au Soudan.

  • Recrutement signalé depuis 2024
  • Société impliquée : GSSG, basée à Abu Dhabi
  • Sites mentionnés : Ghiyathi et Al Wathba
  • Destination finale : le Soudan, aux côtés des FSR

Des bases militaires émiriennes au cœur des soupçons

HRW affirme avoir recueilli des éléments montrant que les mercenaires auraient transité par les bases de Ghiyathi et Al Wathba, près d’Abu Dhabi, avant leur départ vers le Soudan. Un témoignage cité par l’ONG décrit une arrivée directe sur une base militaire, sans passage par les contrôles migratoires habituels. Cette description, si elle est confirmée, suggère une organisation très structurée et une logistique militaire bien rodée.

L’enquête de HRW ne se limite pas aux trajets. Elle met aussi en avant des indices de formation opérationnelle dispensée dans la région du Darfour, notamment autour de la base de Nyala. Un autre mercenaire dit y avoir vu des recrues des FSR, y compris de jeunes enfants, ce qui soulève de graves questions sur le recrutement et l’encadrement de la milice.

El-Fasher, un épisode particulièrement violent

L’ONG affirme également avoir authentifié des vidéos montrant des mercenaires colombiens combattant aux côtés des FSR lors de la prise d’El-Fasher en octobre 2025. Cette bataille a marqué un tournant dans la guerre au Soudan, avec des massacres, des violences sexuelles et des déplacements forcés de civils. Une commission d’enquête des Nations unies a décrit des faits présentant les caractéristiques d’un génocide, ce qui donne une portée internationale à ces accusations.

  • Date clé : octobre 2025
  • Lieu : El-Fasher, au Darfour
  • Violences signalées : massacres, violences sexuelles, déplacements forcés
  • Enjeu humanitaire : protection des civils et accès à l’aide

Les FSR et la question du soutien extérieur

Pour Human Rights Watch, ces éléments démontrent un soutien substantiel des Émirats arabes unis à la capacité des FSR de mener des opérations militaires et de commettre des crimes de guerre. Le rapport insiste sur la chaîne de valeur de cette aide supposée : recrutement, transport, encadrement, formation puis engagement au combat. Dans un conflit déjà marqué par des accusations d’atrocités, ce type d’appui extérieur peut modifier l’équilibre des forces sur le terrain et prolonger la guerre.

Le dossier est d’autant plus sensible que les FSR sont déjà accusées d’exactions répétées au Darfour et dans d’autres régions du pays. L’éventuelle implication de combattants étrangers soulève aussi des questions sur la responsabilité internationale des acteurs qui faciliteraient leur présence.

La réponse des Émirats et les enjeux diplomatiques

Les Émirats arabes unis continuent de nier tout soutien militaire aux FSR. Abou Dhabi affirme que son aide au Soudan est exclusivement humanitaire. Cette ligne de défense ne suffit toutefois pas à dissiper les doutes, au regard des témoignages, des vidéos authentifiées et des éléments logistiques présentés par HRW. Dans un contexte régional déjà fragile, ces accusations risquent d’alimenter les tensions diplomatiques et d’intensifier la pression sur les acteurs soupçonnés d’alimenter la guerre.

  • Position émirienne : déni de tout appui militaire
  • Argument officiel : assistance humanitaire uniquement
  • Effet politique : hausse des tensions et demandes de clarification
  • Enjeu central : établir la chaîne réelle des responsabilités

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