Syriens creusent pour survivre : recherche d’artefacts et d’or ancien

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Une quête devenue quotidien

Dans de nombreux villages syriens, creuser pour retrouver un supposé trésor est devenu une activité courante. Des habitants armés de pioches et de détecteurs de métaux prospectent autour des ruines antiques à la recherche de pièces anciennes ou d’objets précieux, encouragés par des rumeurs virales sur les réseaux sociaux. Exemple : dans une rue près du théâtre antique de Bosra, des hommes exhibent un petit sac contenant des pièces de bronze, d’argent ou d’acier et prétendent vendre une monnaie byzantine pour une cinquantaine de dollars.

Les motivations : pauvreté et espoirs rapides

La recherche de trésors est poussée surtout par la précarité économique. Avec près de 80 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté, beaucoup voient dans la fouille une chance de sortir de la misère. Exemples concrets :

  • Des familles entières mobilisées plusieurs jours pour un seul trou.
  • Des individus influencés par des vendeurs de détecteurs ou des « experts » locaux.
  • Des ventes informelles de pièces à des touristes ou acheteurs locaux.

Les risques humanitaires et sécuritaires

La pratique comporte des dangers réels : effondrements, suffocation dans des tunnels creusés sans ventilation, et morts. Exemple tragique : le fils d’Ibrahim al Ahmad est décédé en juin, étouffé avec un ami dans un tunnel qu’ils avaient creusé, restés plusieurs heures sous terre avant l’arrivée des secours. Ces incidents illustrent l’absence de mesures de sécurité et la vulnérabilité des fouilleurs amateurs.

Un patrimoine en péril

Les fouilles sauvages altèrent gravement les sites archéologiques classés, comme Bosra. Le fouillage nocturne, le bris de pierres tombales et l’ouverture de sépultures dégradent des éléments patrimoniaux qui devraient être conservés et étudiés. Points clés :

  • Sites classés fragilisés par des excavations non contrôlées.
  • Objets déplacés ou vendus hors du circuit muséal.
  • Perte d’informations scientifiques irréversibles pour l’archéologie.

Rumeurs, réseaux sociaux et économie informelle

Les réseaux sociaux amplifient l’illusion d’un enrichissement facile : vidéos, récits d’« heureux découvreurs », et conseils pour repérer les signes de trésors. Exemple typique : un détecteur s’allume, la foule creuse pendant des jours, et finalement on ne trouve qu’un caillou ou un fragment métallique. Cela alimente une économie informelle où des pièces isolées sont revendues, souvent sans vérification de leur authenticité ou valeur scientifique.

Que faire ? Mesures et alternatives

Pour limiter les dégâts humains et patrimoniaux, plusieurs pistes d’action sont envisageables :

  • Renforcement de la protection des sites archéologiques et surveillance locale.
  • Campagnes d’information pour alerter sur les risques des fouilles sauvages et sur la valeur scientifique des objets.
  • Programmes d’aide ciblés pour lutter contre la pauvreté qui pousse à ces pratiques (emplois locaux, formations).
  • Coopération internationale pour soutenir la conservation et la gestion durable du patrimoine.

Ces mesures combinées peuvent aider à préserver les vestiges, protéger les populations et offrir des alternatives économiques durables, afin que la recherche de trésors cesse d’être une réponse désespérée à la misère.


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