Tunisie : la militante antiraciste Saadia Mosbah écopera huit ans

Date:

Un verdict lourd qui marque les esprits

Le 19 mars 2026, la militante tunisienne Saadia Mosbah a été condamnée à huit ans de prison et à une amende de 100 000 dinars (environ 30 000 euros). Les avocats n’ayant pas encore eu accès au détail du jugement, le public doit se contenter des éléments essentiels communiqués par le tribunal et par la famille : Saadia, âgée de 66 ans, est détenue depuis près de deux ans. Exemples et faits saillants :

  • Date du jugement : 19 mars 2026.
  • Peines individuelles : 8 ans pour Saadia Mosbah, 3 ans pour son fils Fares, 2 ans pour une autre militante.
  • Montant de l’amende : 100 000 dinars.

Les accusations et la difficulté d’accès au dossier

La condamnation repose officiellement sur des accusations de malversations financières et de blanchiment d’argent, mais le dossier réel reste flou faute d’accès complet au jugement. Les avocats affirment avoir démontré l’innocence sur ces volets au cours des plaidoiries, et la famille dénonce un jugement décorrélé des preuves. Points clés à retenir :

  • Accusations : malversations financières et blanchiment.
  • Situation procédurale : défense ayant plaidé l’absence de preuves convaincantes.
  • Opacité : absence de communication publique du détail de la décision judiciaire.

Un engagement de longue date contre le racisme

Saadia Mosbah n’est pas une militante occasionnelle : elle est l’une des cofondatrices de Mnemty et a participé à la rédaction de la loi tunisienne contre la discrimination raciale votée en 2018. Elle a pris position publiquement pour défendre les migrants subsahariens après le discours virulent du président Kaïs Saïed en février 2023. Exemples concrets de son action :

  • Participation législative : contribution à la loi anti-discrimination de 2018.
  • Actions de terrain : défense juridique et médiatique des migrants subsahariens.
  • Mobilisations : campagnes publiques et soutien aux associations locales.

Réactions de la famille et des défenseurs des droits humains

La famille et la société civile ont fortement réagi : sa sœur Affet affirme vouloir rassurer les soutiens et décrit Saadia comme restant « debout » malgré l’emprisonnement. L’avocate Me Hela Ben Salem a qualifié le jugement de choquant et a estimé que le travail associatif est désormais considéré comme soupçonnable par le régime. Exemples d’interventions publiques :

  • Témoignage familial : Affet Mosbah appelle à la solidarité et à la résistance.
  • Prises de position juridiques : Me Hela Ben Salem dénonce un verdict « sans lien avec le dossier ».
  • Présence sur place : rassemblements de défenseurs devant le tribunal pour réclamer la libération.

Conséquences pour Mnemty et la société civile tunisienne

Outre la condamnation de Saadia, plusieurs membres de Mnemty ont été jugés : le fils de Saadia, Fares, a écopé de trois ans ferme, une autre militante a reçu deux ans, tandis que trois membres ont obtenu un non-lieu. Ces décisions pèsent sur le tissu associatif et créent un effet dissuasif pour les ONG travaillant sur les droits des migrants. Impacts concrets :

  • Sanctions pénales contre des acteurs associatifs clés.
  • Risque de réduction des actions de terrain et des aides aux migrants.
  • Climat de peur pour les bénévoles et partenaires internationaux.

Enjeux politiques et pistes à surveiller

Ce dossier prend place dans un contexte politique marqué par une concentration du pouvoir depuis 2021 et par des discours publics dénonçant l’immigration irrégulière. Les enjeux sont multiples : respect de l’état de droit, indépendance judiciaire, protection des migrants et liberté d’association. À court et moyen terme, plusieurs étapes resteront déterminantes :

  • Voies de recours : appels et demandes d’examen du jugement par la défense.
  • Surveillance internationale : réactions des organisations de défense des droits humains et potentielles demandes d’observations internationales.
  • Conséquences politiques : impact sur le débat public tunisien et sur la relation entre autorités et ONG.

En savoir plus sur L'ABESTIT

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

1 COMMENTAIRE

  1. C’est une décision choquante qui soulève des questions sur la liberté d’expression et la justice en Tunisie. Saadia Mosbah mérite notre soutien.

Les commentaires sont fermés.

Share post:

Popular

More like this
Related

Canicule : 54 départements en vigilance rouge dès mardi midi

Alors que l’épisode caniculaire se poursuit, la vigilance rouge est étendue par Météo-France aux départements du Calvados, de l’Eure, de la Manche, de la Seine-Maritime et de l’Oise, à compter de mardi, à midi....

Guerre au Moyen-Orient : l’Iran veut administrer le détroit d’Ormuz

« Tout le monde doit savoir que l’administration du détroit d’Ormuz ne redeviendra jamais ce qu’elle était avant la guerre », a affirmé Mohammad Bagher Ghalibaf lundi....

Roumanie : Adrian Vestea recalé, l’AUR réclame des élections anticipées

Alors que la crise politique se poursuit, le parti d’extrême droite AUR, qui progresse dans les sondages, plaide pour des élections anticipées....

Double accident sur l’A9 à Fabrègues : sept blessés, trafic coupé

Un double accident sur l'autoroute A9 a perturbé la circulation toute la matinée, ce lundi, sur la commune de Fabrègues, en direction de Béziers. Le bilan total s'élève à sept blessés....