De la dépendance aux opioïdes au sommet des marathons

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La blessure qui a tout déclenché

En 1998, une douleur à la cheville a conduit Ken Rideout à recevoir une prescription de Percocet (contenant de l’oxycodone), un traitement qui a rapidement soulagé non seulement la douleur physique mais aussi une anxiété profonde liée à un sentiment d’imposture. Homme d’affaires apparemment accompli, il a découvert que ces comprimés offraient un soulagement émotionnel immédiat : plus d’assurance, une humeur plus légère, et une sensation d’optimisme — des effets qui expliquent pourquoi certains médicaments prescrits peuvent devenir des déclencheurs de dépendance.

L’engrenage de la dépendance

L’usage qui devait rester ponctuel s’est transformé en escalade : reconsultations, falsification d’ordonnances et « pharming » (recherche de petites pharmacies peu contrôlées). Ces comportements sont des signaux d’alarme typiques d’une dépendance qui s’installe progressivement, souvent masquée derrière performance professionnelle et secret personnel.

  • Signes comportementaux : mensonges sur la consommation, isolement, recherche active de prescriptions.
  • Signes physiologiques : tolérance accrue, symptômes de sevrage entre prises.
  • Facteurs de risque : antécédents d’usage d’alcool ou autres drogues, stress professionnel intense.

L’aveu : premier pas vers la rupture

L’aveu à son épouse a constitué le point de bascule : partager la vérité a rompu le secret et ouvert la possibilité d’un accompagnement. Cette confession, bien que difficile, crée souvent une rupture salutaire avec la honte et permet l’activation d’un réseau de soutien — conjoint, famille, collègues ou professionnels — nécessaire pour envisager un sevrage et des soins. Par exemple, un témoignage authentique peut conduire à : une hospitalisation pour stabiliser le sevrage, l’accès à un programme de réhabilitation, ou la mise en place d’un suivi thérapeutique régulier.

Chemins de soin et stratégies efficaces

Le parcours de rétablissement combine interventions médicales, thérapies psychologiques et changements de mode de vie. Voici des approches concrètes et éprouvées :

  • Évaluation médicale : bilan complet, stratégie de sevrage supervisée pour éviter complications.
  • Traitements médicamenteux : substitution (buprénorphine, méthadone) ou aides symptomatiques, et distribution de naloxone en prévention des surdoses.
  • Thérapies : thérapie cognitivo-comportementale (TCC), thérapies de couple, groupes de soutien (AA/NA ou équivalents).
  • Réhabilitation structurée : programmes résidentiels ou ambulatoires, plans de suivi à long terme.

Ces composantes peuvent être combinées selon le cas individuel : par exemple, une personne peut commencer par un sevrage médical en milieu hospitalier, poursuivre en ambulatoire avec TCC, puis intégrer un groupe de pairs pour éviter la rechute.

La transformation par le sport à partir de 50 ans

Pour Ken Rideout, comme pour de nombreuses personnes en rétablissement, le sport est devenu un moteur de transformation : il a canalisé l’énergie, reconstruit l’estime de soi et fourni des objectifs tangibles. Les exemples concrets montrent qu’il n’est jamais trop tard pour exceller : participer à un semi-marathon ou à un triathlon à 50 ans est courant et accessible avec une progression adaptée. Les bénéfices physiologiques et psychologiques incluent : une meilleure régulation des émotions via la libération d’endorphines, une neuroplasticité favorisée par l’activité physique, et une routine structurante qui remplace les anciens rituels addictifs.

  • Commencer par la marche, puis introduire course légère et entraînements croisés (vélo, natation).
  • Rejoindre un club « masters » ou un groupe d’entraînement pour le soutien social.
  • Fixer des objectifs progressifs : 5 km → 10 km → semi-marathon, ou entrée en triathlon sprint puis olympique.

Leçons et conseils pour ceux qui traversent la même épreuve

L’histoire condensée montre plusieurs éléments actionnables pour qui veut s’en sortir et se reconstruire durablement :

  • Honnêteté : dire la vérité à un proche ou à un professionnel ouvre la voie au soin.
  • Accompagnement médical : ne pas tenter un sevrage seul, planifier une prise en charge sécurisée.
  • Structuration : instaurer une routine quotidienne incluant activité physique, sommeil régulier et alimentation saine.
  • Objectifs progressifs : remplacer des objectifs destructeurs par des défis sportifs ou professionnels mesurables.
  • Prévention des rechutes : identifier déclencheurs, élaborer un plan d’action, maintenir un réseau de soutien.

Ces conseils montrent qu’un parcours difficile peut déboucher sur une reconstruction complète — sur le plan physique, psychologique et relationnel — et que l’engagement progressif dans le sport et les soins médicaux offre une voie crédible vers une vie renouvelée et performante après la cinquantaine.


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