Un parcours né dans le spectacle
Howard Storm, né Howard Sobel en 1931 sur le Lower East Side de New York, a grandi dans un univers déjà façonné par le vaudeville, la burlesque et les coulisses du divertissement. Fils d’un artiste de scène, il affirme très tôt vouloir vivre de ce milieu. À seulement deux ans, il disait déjà vouloir faire partie du show-business, une ambition qui allait orienter toute sa vie. Avant de devenir réalisateur, il se lance dans le duo comique Storm & Gale avec un ami d’école, enchaînant les sketchs dans les Catskills, à Boston ou à Key West. Quand son partenaire part dans les Marines, il poursuit seul, déterminé à se faire une place dans la comédie.
Des débuts marqués par la scène et la télévision
Dans les années 1950, Howard Storm trouve sa voie au sein de la Desilu Workshop, l’atelier fondé par Lucille Ball pour former de jeunes talents. Il y côtoie des futurs visages connus, dont Marilyn Lovell, qui deviendra sa première épouse, ainsi que Robert Osborne. Après une apparition dans The Untouchables, il développe son stand-up dans des clubs prestigieux comme The Duplex, Mister Kelly’s, the hungry i et la Copacabana. Son talent lui ouvre les plateaux de The Tonight Show avec Johnny Carson et de The Merv Griffin Show, où il apparaît souvent avec son père.
- Desilu Workshop : formation et premiers contacts avec la télévision
- Stand-up : clubs majeurs et tournées en solo
- Exposition médiatique : passages réguliers à la télévision américaine
Woody Allen, un déclic décisif derrière la caméra
Le tournant survient lorsqu’il collabore avec Woody Allen sur Bananas et Everything You Always Wanted to Know About Sex but Were Afraid to Ask. D’abord simple observateur, Storm y apprend le rythme des tournages, le langage des cadres et la précision du montage visuel. Il raconte avoir quasiment “dirigé” Allen officieusement sur certaines scènes, en suggérant de reprendre une prise ou d’essayer une autre intention. Cette expérience lui fait comprendre qu’il peut dépasser le rôle d’humoriste de scène et s’imposer comme metteur en scène. Il dira plus tard qu’il a dû faire ce choix parce qu’il sentait que sa carrière de comédien plafonnait.
Une signature télévisuelle au cœur des grandes sitcoms
Son véritable essor arrive en 1975 avec un épisode de Rhoda, puis plusieurs autres, au point d’en devenir l’un des réalisateurs réguliers. Howard Storm s’impose ensuite comme une figure importante de la comédie télévisée américaine en dirigeant des séries phares des années 1970 à 1990. Sa longue collaboration avec Garry Marshall l’amène notamment sur Laverne & Shirley, Mork & Mindy et Angie. Sur Mork & Mindy, il dirige même le pilote d’une heure et de nombreux épisodes, participant à l’essor télévisuel de Robin Williams.
- Rhoda : début officiel comme réalisateur
- Mork & Mindy : 59 épisodes et un pilote marquant
- Laverne & Shirley et Angie : ancrage durable dans la comédie ABC
Un artisan respecté, de la télévision au cinéma
Howard Storm ne se limite pas à la télévision. En 1985, il signe aussi le film Once Bitten, porté par Lauren Hutton et un jeune Jim Carrey dans son premier grand rôle au cinéma. Son travail reste associé à un savoir-faire précis : diriger des acteurs très différents, ajuster le ton comique et préserver l’énergie de l’improvisation sans perdre la structure. Il applique cette méthode à de nombreuses autres séries, parmi lesquelles Taxi, Full House, Everybody Loves Raymond, Perfect Strangers ou Head of the Class. Polyvalence, souplesse et sens du tempo comique résument bien sa réputation.
Un héritage d’auteur, de pédagogue et d’homme de réseau
Au-delà de la mise en scène, Storm a aussi écrit pour la télévision avec Paul Lichtman, sur All in the Family, The Bob Newhart Show, The Partridge Family et Happy Days. Il a également joué dans plusieurs films et séries, a enseigné l’improvisation, a géré des boxeurs et a publié en 2019 ses mémoires, The (Im)Perfect Storm. From Henry Street to Hollywood. Engagé dans le milieu professionnel, il a siégé dans de nombreux comités de la Directors Guild of America et présidé les DGA Awards pendant seize ans. Il laisse derrière lui ses fils Anthony et Casey, ses petits-fils Leo et Sidney, ainsi qu’une empreinte durable dans l’histoire des sitcoms américaines.








